Tout est chemin, tout est corps. Comme une cartographie sur la peau. Tout ruisselle comme la source qui est en nous et que nous devons garder au fond de nous, avec amour, pour laisser jaillir notre propre tendresse quoiqu’il arrive. Notre corps parle pour nous et ce depuis notre naissance. Il parle aussi pour ceux qui n’ont pas su ou qui n’ont pas pu dire avant nous, nos parents, nos grands parents, nos lignées.
Très tôt, j’ai été face à mon corps. Il voulait s’exprimer, sortir de lui pour embraser la vie. On m’a refusé la danse, j’ai fait de la gymnastique aux agrès pendant 10 ans. J’y ai appris le maintien, la rigueur et surtout la grâce, la beauté du mouvement.
La douleur, la blessure aussi, et le soin qu’on peut apporter au corps souffrant de l’autre. L’attention du ou de la médecin, les gestes du kinésithérapeute, la technique de l’ostéopathe, l’instinct du magnétiseur…
Autant de savoirs et d’expériences que j’ai emmenées avec moi vers les plateaux quand des années plus tard l’art du théâtre m’a appelé. Libre de danser enfin, de jouer, de prendre plaisir, de faire raisonner l’indicible en moi avec les mots des autres, et grâce au geste, libre d’accéder enfin à la parole qui m’avait toujours manquée.
Et puis il m’a fallu dompter les mots, savoir quoi faire d’une parole longtemps dormante, couvée, retenue. 7 ans d’analyse à apprendre à entendre les mots, à apprendre à comprendre ce qu’ils disent et ce qu’ils cachent, ce qu’ils pointent et ce qu’ils trahissent. Pour apprendre à en dégager mon histoire, pour apprendre à m’aimer.
Pourtant, lorsque mon analyste m’a proposé de poursuivre la thérapie pour devenir moi-même thérapeute, j’ai refusé. Quelque chose me semblait manquer à cette méthode qui m’avait pourtant aidée et soignée. L’analyse me paraissait sans corps, allongé sur le divan pendant des heures, sans mouvement. Comme s’il manquait toujours un point de jonction entre le corps et l’esprit.
Je suis parti à l’étranger pour quelques années, retrouver là d’où je venais, exercer un autre métier, et ce besoin de lier le corps et l’esprit n’a pas désempli. De retour à Paris j’étais toujours plein de questions, animé du même instinct vers l’autre. Depuis l’enfance, cette envie de suivre mes mains pour découvrir avec elles les mots muets inscrits dans les corps des gens.
J’ai décidé de devenir thérapeute et j’ai choisi la Kinésiologie, comme porte d’entrée. Cette formation a été pour moi l’occasion et le moyen de canaliser, de faire quelque chose de cet appel ancien (vers l’autre). Ce fut aussi la chance d’étudier la Médecine Chinoise, la chiropraxie, l’acupuncture, la programmation neurolinguistique, les neurosciences, la réflexologie crânio-sacrée et de comprendre avec cette synthèse que les disciplines ne sont que des outils permettant de mettre en oeuvre des pratiques thérapeutiques originales.
Depuis je continue à explorer d’autres formes thérapeutiques, notamment en me formant à l’ostéopathie biodynamique auprès de Pascal Anselin.
« Une thérapie est réussie dans la mesure où elle contribue à raccourcir le long chemin qui mène à se libérer des anciennes stratégies d’adaptation et à apprendre à faire confiance à son propre ressenti, et à écouter son corps. »